Transférer un nom de domaine d’un bureau d’enregistrement à un autre est une opération standardisée et sans risque pour votre site, à condition de suivre les étapes dans l’ordre. Le domaine continue de fonctionner pendant le transfert ; ce qui peut mal tourner, c’est un domaine laissé trop près de son expiration, ou bloqué par un verrou que l’on n’a pas anticipé.
Cette fiche s’adresse à une TPE ou PME qui veut changer de registrar — pour regrouper ses services, réduire ses coûts ou fuir un prestataire — sans couper son site ni ses e-mails. Elle donne la procédure exacte, les délais réels selon l’extension, ce que le transfert coûte, et les pièges à éviter. Les règles ont été relevées le 6 août 2026 auprès de l’ICANN (domaines génériques) et de l’AFNIC (.fr).
Avant de lancer : trois vérifications
La plupart des transferts qui échouent butent sur un point qui se règle en amont. Vérifiez trois choses avant de commencer. Que votre domaine n’expire pas dans les jours qui viennent : lancez un transfert avec une marge confortable, jamais à la dernière minute. Que vous avez accès à l’adresse e-mail associée au domaine (le WHOIS), car des validations y transitent. Et que vous n’êtes pas dans une période de verrou de 60 jours (extensions génériques ; sans objet en .fr), après une création, un transfert récent ou un changement de titulaire.
La procédure, étape par étape
Déverrouiller le domaine
Dans l’espace client de l’ancien registrar, retirez le verrou de transfert (« registrar lock »).
Récupérer le code d’autorisation
Obtenez le code AuthInfo (ou EPP) — généré depuis votre espace client, ou fourni sous cinq jours sur demande.
Lancer le transfert chez le nouveau registrar
Créez la demande de transfert et saisissez le code d’autorisation. C’est là que vous réglez le transfert (un an ajouté).
Valider par e-mail
Confirmez via le message envoyé à l’adresse du WHOIS. Sans cet accès, le transfert n’aboutit pas.
Attendre l’exécution
Le transfert se finalise dans les délais réglementaires. Le domaine reste actif ; gardez la même configuration DNS.
Tout se pilote depuis l’espace client des deux registrars : rien n’est technique, et aucune manipulation ne touche à votre site ou à vos e-mails tant que les serveurs DNS restent identiques. Conservez la même configuration DNS pendant le transfert pour éviter toute coupure.
Les délais réels
Les délais dépendent de l’extension. Ils sont encadrés, et l’ancien registrar ne peut pas retenir votre domaine indéfiniment.
| Type de domaine | Délai courant | Point d’attention |
|---|---|---|
| Générique (.com, .net, .org…) | Jusqu’à 5 jours | L’ancien registrar dispose de ce délai pour répondre ; sans action de sa part, le transfert se poursuit |
| .fr (AFNIC) | 8 jours sans opposition | En cas d’opposition de l’ancien registrar, le délai est porté à 22 jours |
Source: ICANN (politique de transfert) et AFNIC (guide des procédures), relevé le 6 août 2026.
Ce que ça coûte
Un transfert n’est pas un achat en plus : pour la plupart des extensions, il équivaut au prix d’un an de renouvellement et ajoute un an à la durée de votre domaine. Vous ne payez donc pas pour rien — vous prolongez le domaine d’autant.
Le montant exact varie selon l’extension et le registrar, et évolue avec les promotions. Plutôt qu’un tarif figé qui serait faux demain, la bonne méthode : comparez, sur la page tarifaire de chaque registrar visé, la ligne « transfert » ou « renouvellement » de votre extension. C’est là, et seulement là, que figure le prix à jour qui vous sera facturé.
Les pièges à éviter
Trois erreurs reviennent. Lancer le transfert trop près de l’expiration : si le domaine expire en cours de route, vous risquez une interruption, voire de le perdre. Oublier de déverrouiller le domaine ou de récupérer le code d’autorisation : le transfert reste bloqué sans que rien ne l’indique clairement. Et perdre l’accès à l’adresse e-mail du WHOIS : sans elle, les validations n’arrivent pas. Réglez ces trois points avant de cliquer, et le transfert se déroule sans intervention de votre part.
En clair, comment procéder
Si votre domaine expire bientôt, renouvelez-le d’abord chez votre registrar actuel, puis transférez au calme : ne jouez jamais le transfert contre la montre. Si tout est en règle, déverrouillez, récupérez le code d’autorisation, lancez le transfert chez le nouveau registrar et validez par e-mail — le reste se fait seul dans les délais ci-dessus. Et gardez votre configuration DNS identique le temps de l’opération : c’est ce qui garantit que ni votre site ni vos e-mails ne s’interrompent.
Sources
- Politique de transfert et FAQ pour les titulaires, ICANN — icann.org/resources/pages/about-transfer-policy-2017-10-19-fr
- Guide des procédures (transfert de bureau d’enregistrement), AFNIC — afnic.fr/wp-media/uploads/2022/10/Guide-des-procedures-Afnic-VF.pdf